Né en 1944 à Héricy en France, Jean-Louis Hourdin se forme à l’Ecole Supérieure d’art dramatique de Strasbourg où il reçoit l’enseignement notamment de Hubert Gignoux et André Steiger. De 1969 à 1975, il travaille comme comédien notamment avec Jean-Pierre Vincent et Jean Jourdheuil foulant, parmi d’autres, les planches du Théâtre National Populaire et celles du Festival d’Avignon. En 1975, aux côtés de Peter Brook, il participe à l’ouverture des Bouffes du Nord en jouant dans Timon d’Athènes de Shakespeare. En 1976, avec Arlette Chosson, il fonde le Groupe d’Action Théâtrale et Culturelle. En 1978, avec Jean-Paul Wenzel et Olivier Perrier, il crée les rencontres d’Hérisson et le groupe des Fédérés.
Populaire parce qu’il s’adresse à tous et raconte le lot commun de tous les hommes depuis toujours, le travail de Jean-Louis Hourdin transpire une colère qui jamais ne se ride, une indignation devant l’impuissance fondamentale de l’Homme. Se joue aussi un « héroïsme désespéré, la superbe bravade de vouloir être ce que nous ne sommes pas, c’est-à-dire des humains. »
Dans ce théâtre dépouillé et fragile, les mots semblent nous parvenir au moment même de leur invention et ce, sur le ton d’une confession douce, appuyée par une gestuelle délicate et sensuelle. « Le théâtre, nous rappelle la compagnie d’Hourdin, est l’abri commun, pour retrouver ensemble ce que nous avons oublié et recréer ainsi une communauté. ».
Justifiés les qualificatifs dont le philosophe Denis Guénoun affuble l’art d’Hourdin : « Très risqué, très périlleux, très incertain, très gênant, très beau ».
La Marmite aime ce théâtre redevenu lieu des possibles, ce théâtre qui éloigne le néant.