On peut s’accorder à distinguer grossièrement deux catégories d’art : la première attend de lui qu’il soit une échappatoire, qu’il nous divertisse, nous détourne de nos soucis, de la conscience du Temps qui, dans un bâillement indifférent, avale les jours ; la seconde catégorie attend, elle, de l’Art qu’il éclaire notre présence au monde, affronte son âpreté. L’art de Peter et Barbara Wyssbrod prend place dans ce deuxième ensemble.
On peut, de même, distinguer deux types d’artistes : ceux qui appliquent avec un certain savoir-faire des recettes éprouvées et ceux qui ouvrent une brèche sur un univers singulier, sur un style qui leur est propre. Là encore, c’est dans le second type que l’on placera notre couple biennois.
Dans le paysage désolé que nous offre un monde contemporain lisse et glacé, Peter Wyssbrod fait figure d’ange inactuel et tragique. Aux spectateurs avides d’émotions plastiques, avides d’une beauté qui donne à penser, Peter Wyssbrod et son épouse et régisseure Barbara donnent des ailes.
La Marmite est sensible à leur humanisme écorché et lucide.