Mission Roosevelt
de la Compagnie Tony Clifton Circus

« Ceci est une expérience ou mieux encore une expérimentation, où les spectateur-trices sont à la fois les acteurs, les cobayes, et surtout les uniques et heureux bénéficiaires.
Cette pièce de théâtre de rue invite le plaisir de l’interdit, le plaisir d’utiliser un objet tabou, un objet utilisé pour la première fois et qui pourrait à lui seul justifier le tout : le fauteuil roulant, symbole de tout ce qui ne nous concerne pas, mais qui aujourd’hui nous appartient. Il s’agit d’une métaphore de l’inégalité à travers laquelle les spectateur-trices doivent conquérir la ville.
La compagnie Tony Clifton propose ainsi une expérience d’urbanisme, une performance faisant appel à la participation du public qui, installé sur des fauteuils roulants, se transforme en une sorte de peloton d’exécution, en une joyeuse machine de guerre.
Compagnie Tony Clifton Circus

Mettant en scène l’étrangeté et l’anomalie, la compagnie Tony Clifton Circus aime faire rire mais ils préfèrent encore quand ces éclats de rire restent en travers de la gorge des spectateurs.
Ils souhaiteraient être reconnus et appréciés mais ils ne pensent pas que le meilleur moyen d’y parvenir soit d’être accomodant ou de se plier aux attentes du public. Ils préfèrent montrer aux spectateurs quelque chose d’embarrassant plutôt que de divertissant.

Ces prémisses guident la création de leurs spectacles, véritables expériences d’un comique extrême ou, mieux, d’un extrêmisme comique où la démence la plus élémentaire se mêle à une élégance subtile et poétique.

A la base, il y aura toujours la jouissance qui naît de mettre tout cela en scène. Tout vient de là, du plaisir de jouer comme les enfants jouent, sans s’inquiéter du pourquoi, du comment et du sens des choses : l’essentiel est de faire ce que bon leur semble et ce qui leur plaît. »

www.productionsbis.com

Site de la Fête du Théâtre

Temple du présent–Solo pour octopus
de Stefan Kaegi / Rimini Protokoll

«Stefan Kaegi imagine un aquarium théâtral pour mettre en scène une pieuvre, animal surdoué, curieux et joueur. La relation avec lui construit le spectacle jusqu’à inverser les rôles : qui joue avec qui? Qui observe qui? Que pouvons-nous –humains, spectateurs, spectatrices –apprendre de la pieuvre, cette maîtresse du camouflage au cerveau décentralisé, cet être hypersensible, multitâche et solitaire?

Une réflexion théâtrale dont l’humain n’est pas le centre mais qui joue de notre tendance à nous reconnaître et nous projeter dans le miroir tendu par les animaux.Les pieuvres, 8 bras, 9 cerveaux, 3 coeurs et des milliers de ventouses sont capables d’actions multiples ou de changer radicalement de couleur. Attirées par ce qu’elles ne connaissent pas, elles apprennent de leurs expériences et certain·e·s spécialistes décèlent même des formes d’humour et d’empathie singulières et individuelles.

Issues d’un embranchement dans l’évolution parallèle à celui qui aboutira à l’espèce humaine, leurs capacités hors norme leur auraient permis de bâtir des civilisations avancées si elles étaient à même de transmettre leurs acquis entre générations. Or les femelles meurent peu après avoir donné naissance et chaque individu recommence son apprentissage pour lui-même.

Le spectacle est conçu en relation avec une pieuvre à l’issue d’un processus d’apprentissage et d’échange, en fonction de ses besoins, ses savoirs et ses réactions. Avec la complicité de ShanjuLab, collectif artistique basé à Gimel qui pratique l’accompagnement libre des animaux en fonction de leur caractère et de leur envie,Stefan Kaegi organise un dispositif théâtral, musical, cinématographique et documentaire dans lequel celui qui observe n’est peut-être pas celui que l’on croit.
www.vidy.ch

Site du Théâtre de Saint-Gervais

Photographie © DR